Save me if you can !

L’Europe – et le monde – ont poussé un grand ouf de soulagement après une nuit de négociations le 26 Oct. dernier, visant à apporter des solutions crédibles pour de calmer des marchés qui n’arrêtent pas d’osciller. Chose faite ! Chapotés par « Merkozy » (Sarkozy-Merkel), les dirigeants européens ont enfin adoptés la stratégie tant attendu par les investisseurs. Tout d’abord, 50% de la dette grecque a été tout bonnement effacée, au grand damne des banques, qui elles, devront être recapitalisées. Ensuite, le Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) devrait au minimum tripler sa force de frappe pour passer de 440 Mrds d’euros à 1000 Mrds d’euros. On parle bien là de 1000 Mrds d’euros de capacité de prêt, encore faut-il trouver les moyens d’y parvenir. Mais ça c’est une autre histoire !

Au final, l’Europe, sauvée ? Oui et non. Oui car le feu semblait maitrisé, comme en témoignait l’euphorie enregistrée dans les plus grandes places boursières mondiales. Non ! Parce que jouer au pompier sans pour autant s’attaquer aux réelles causes de l’incendie relève de l’absurdité. Car les vrais champs de bataille s’appellent productivité, compétitivité et croissance. Et ce qu’il faut un programme d’investissement créateur d’emplois, qui aiderait les économies à restructurer leurs dépendances par rapport aux secteurs affaiblis (l’immobilier, l’industrie, la finance) et à aller vers des secteurs qui doivent être intensifiés (les services par exemple). Mais comment prétendre à une croissance en s’attaquant au déficit, en prônant des politiques d’austérité ? Ceci est incorrect. L’austérité n’est pas la solution. Relancer la croissance passe d’abord par un investissement massif créateur d’emplois, et donc nécessairement par l’augmentation du déficit (et non pas sa réduction).

La Grèce a-t-elle perdu le Nord ?

Oui mais voilà, la Grèce, à l’origine de toute la tourmente de la zone euro, a créé la surprise en annonçant – 5 jours après le sommet européen du 26 octobre – qu’elle compte lancer un referendum sur l’accord européen. Les banques ont déjà accepté d’effacer 50% de leurs créances sur la Grèce dans le cadre du plan anticrise mis en place très difficilement la semaine dernière. L’accord européen est critiqué en Grèce pour l’abandon de souveraineté qu’il implique. Désormais tout est à nouveau sur la table ! Mais que se passera-t-il si le peuple grec disait NON ?!

Décidemment, la Grèce n’a pas encore finit d’en faire voir de toutes les couleurs à l’Europe ! Affaire à suivre, dans l’attente du sommet du G20 jeudi prochain !

Merci à Hicham Laghrifi pour cet article d’actualité

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